Après en avoir tant entendu parler, que ce soit des gens qui disent avoir ramené plusieurs centaines de poissons ou des gens disant n'avoir rien attrapé après plusieurs heures, il était temps que j'en aie le coeur net ! Mais à quoi peut bien ressembler ce fameux petit poisson des chenaux ? Est-il si bon que ça à manger ? Eh bien je peux vous dire que je n'ai pas été déçue sur aucun point !
D'abord, pour ceux et celles qui ne connaissent pas le principe, laissez-moi vous présenter la pêche sur la glace ! Non, cela n'implique pas de s'habiller en habit de skidoo et de se les geler en attendant qu'un maigre petit poisson daigne mordre à l'hameçon. C'est en fait plutôt tout le contraire... On arrive à Ste-Anne-de-la-Pérade et on descend en voiture sur la rivière. Déjà, je trouvais ça très chouette de rouler en voiture sur une rivière ! Ensuite, on se présente à la compagnie de notre choix, le prix étant le même partout durant la fin de semaine, soit 25$ par personne, tout inclus, soit le chalet, les lignes, les appâts, le bois pour se chauffer et les taxes. Ensuite, on se rend vite compte qu'il fait très, mais TRÈS chaud dans le chalet, chauffé par un petit poêle à bois (sur lequel on peut cuisiner, par ailleurs). Le propriétaire nous explique comment utiliser les lignes et hop, on met des petits bouts de foie bien saignants au bout des hameçons et on jette le tout à l'eau, l'ouverture étant pratiquée dans la glace, directement dans le plancher de la cabane.
Nous sommes arrivés vers 8h30 sur la rivière, et je vous dirais que pendant les premières 45 à 60 minutes, on a sorti environ 1 poisson par minute. De la folie pure !!! À ce rythme là, on aurait quitté avant midi, ne sachant plus où mettre nos poissons. Heureusement, le tout s'est calmé. Il semblerait que la pêche est meilleure lorsque la marée est montante et c'est justement vers 9h30, lorsque la marée a commencé à descendre, que les poissons ont semblé se calmer un peu. Nous qui avions peur de nous ennuyer et de ne rien attraper... Nous sommes ressortis avec plus de 200 poissons, certains mesurant plus de 13 pouces de long ! Voyez-en par vous-mêmes la preuve !
Bien sûr, la journée a eu son lot d'aventures. Mon frère ayant attrapé un beau poisson l'a serré un peu trop fort en le décrochant de l'hameçon et s'est fait gicler dessus un liquide blanchâtre. Mon père tout de go lui dit que c'est de la laitance. Évidemment, je réponds que les poissons ne produisent pas de lait. Il n'était pas question ici de lait de poisson, mais bien de liquide reproducteur mâle ! Vous dire combien j'ai ri de mon frère qui s'en était fait répandre à grandes giclées partout sur son chandail... héhéhé :)
Lorsque la pêche est terminée, la journée est toutefois loin de l'être, elle ! En effet, nous avons rangé tous nos poissons dans la glacière puis nous sommes rentrés à la maison pour arranger le tout, soit couper la tête, la queue et vider les poissons. Coeurs sensibles s'abstenir ! Moi j'étais préposée au coupage de têtes et de queue. Je sais, ça fait sadique un peu... !!! :) Mais il faut ce qu'il faut si on veut finir par goûter à ces fameux poissons...
Je dois vous dire que j'avais très peur de ne pas aimer le goût de ce poisson. Je craignais qu'il goûte ce qu'il sent, c'est-à-dire le fond de rivière et la vase. J'ai fini par apprêter un beau tas de poissons de façon assez classique, soit frits. Pour ce faire, j'ai enfariné les poissons, puis je les ai trempés dans un mélange d'oeuf et de lait pour terminer dans un mélange de chapelure et d'assaisonnement (du fromage cheddar râpé pour nous). Le tout a été frit dans l'huile de canola.Résultat : délicieux ! Un peu chiant à manger si on ne veut pas manger les os (il faut d'abord ouvrir le poisson frit en deux dans le sens de la longueur et retirer la colonne), mais à mon avis ça vaut amplement la peine. Je publierai une recette officielle plus tard, quand je referai des petits poissons frits ! J'en ai une bonne quantité chez moi...




